Tour de l'Horloge - Aix

De la place de l’hôtel de ville à la place Richelme, je vous propose une balade pour voir le temps différemment.

Les horloges du Beffroi d’Aix-en-Provence

Situé au nord de la place de l’hôtel de ville, le beffroi, ou Tour de la Grande-Horloge, fut achevé en 1510. Très rapidement y sera installé une première horloge, dite des sept planètes (voir post précédent à propos des 7 statues). Nous ne savons que peu de choses sur cette horloge mais la technologie de l’époque ne permettait pas de maintenir une vitesse constante de la ou des aiguilles, accumulant ainsi un retard important au court de la journée.

En 1661 sera ajouté l’horloge astronomique, à peu près à mi-hauteur de la tour. Aujourd’hui il n’existe plus aucun mécanisme derrière son cadran, mais on y voit encore une graduation de 1 à 29 : il s’agit de « l’âge de la Lune », le nombre de jours écoulés depuis la dernière nouvelle lune.

Il faut s’imaginer que ces horloges étaient installée autant pour informer le public que pour le prestige : à cette époque, l’invention des horloges mécaniques est encore récentes en Europe et en posséder une est l’apanage des grandes villes.

Les horlogers rivalisèrent d’ingéniosité pour améliorer la précision de leurs machines.  Ainsi, sans pouvoir vraiment vous en donner le nombre exacte, nous savons que mécanismes et cadrans ont été réparés et remplacés plusieurs fois au cours des siècles.  Le mécanisme actuel de l’horloge situé à son sommet a moins de 30 ans, le précédent datant des années 1930.

Tour de l'horloge vue de la rue Saporta
La tour de l’horloge de la place de l’hôtel de ville vue de la rue Gaston de Saporta.

Le cadran solaire de la place Richelme

Une invention égyptienne

Les cadrans solaires furent inventés par les égyptiens qui sont aussi à l’origine de la division de la journée en 24 heures. Dès lors toutes les civilisations les utiliseront en y apportant des améliorations substantielles (celui dont nous parlons est d’ailleurs un complexe solaire). On pourrait penser qu’ils furent supplantés par la mécanisation, il n’en est rien. En effet ils ont l’avantage d’être d’une régularité « cosmique », ce que la mécanisation peine à atteindre. Par exemple il est très aisé d’y mesurer le midi solaire, le moment exact où le soleil est à son plus haut.

Analemme Aix
Le complexe solaire de la place Richelme sur la façade “presque au sud” de la halle aux grains

C’est ce que l’on peut voir sous le cadran solaire qui fut installé en 1845 sur la face sud de la halle aux grain, coté place Richelme : bien que le cadran soit légèrement désaxé par rapport au sud, on y voit une longue ligne verticale qui indique le midi solaire lorsqu’il est intercepté par l’ombre du gnomon (le gnomon est la tige qui projette son ombre sur le mur). Pour que cela soit précis – et comme la façade n’est pas tout à fait orienté au sud – le gnomon est déviant (il n’est pas centré mais sur la gauche).

L’analemme de la place Richelme

Mais on voit aussi qu’a été tracé une forme de 8 allongé accompagné des mois de l’année, c’est ce que l’on appelle un analemme : sa fonction est d’indiquer le midi moyen, celui des horloges mécaniques. De quoi s’agit-il ?

Lorsque l’on a divisé la journée terrestre en 24 heures égales, cela correspondait à la durée moyenne d’une journée. Mais en fait, les journées solaires ne font pas toutes 24h exactement, ceci n’arrive même que quatre fois par ans : vers le 15 avril, le 13 juin, le 1er septembre et le 25 décembre.

Un décalage quotidien de quelques secondes en plus ou en moins se produit chaque jour, s’accumulant cycliquement dans un sens puis dans l’autre : la durée de la journée est par exemple de 23 heures, 43 minutes et 35 secondes vers le 3 novembre, et de 24 heures, 14 minutes et 15 secondes vers le 11 février.

Cela s’explique par la trajectoire de la Terre autour du soleil (une ellipse) ainsi que l’inclinaison de son axe de rotation. Vous pouvez vous rendre sur Wikipédia pour avoir des explications claires sur le sujet.

De fait, le cadran solaire de la place Richelme, mais surtout son analemme, ont été installés pour indiquer ce décalage entre le midi solaire et le midi moyen, celui des horloges et des montres : ce dernier correspond à l’intersection de l’ombre du gnomon avec l’analemme et non avec la ligne verticale.

Bonus : une journée de 24h, vraiment ?

Est-ce vraiment tout ? Pour nous oui, mais pour les astronomes, pas vraiment : en effet ils ont mesurés que la rotation de la Terre n’est pas absolument régulière, et d’ailleurs difficilement prédictible. L’une des raison en est la course de notre Lune qui induit un effet de ralentissement de la rotation de la Terre.

Invisible à l’échelle humaine, on a toutefois pu le vérifier dans les archives géologiques en mesurant les cernes de croissance de coraux fossilisés (principe équivalent des cernes des arbres) il y a 380 millions d’années. Cette étude a révélé qu’à cette époque la journée ne durait que 22 heures et que l’année comportait 400 jours !

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